Recherche

<retour
   

Remercier - Un [ton] mode de vie ?


Oublier de remercier, c’est un risque que nous courons tous. Est-ce parce que nous manquons de quelque chose ? Certainement pas ! Nous avons pour la plupart d’entre nous plus qu’assez – non seulement de nourriture, de vêtements, de logement, mais aussi de beaucoup de superflu. Par rapport aux nombreux pauvres sur cette terre, nous sommes privilégiés. Par contre, nous pouvons constater que les pauvres sont souvent bien plus reconnaissants et satisfaits que les riches ou que ceux qui vivent dans une société d’abondance. Nous ne sommes donc pas reconnaissants en raison des circonstances, mais c’est plutôt une attitude, respectivement une décision de cœur. Les premiers chrétiens ont également dû apprendre cela...

Se méfier du mécontentement !

"Il est remarquable de voir à quel point le contentement, qui fait le bonheur d’une âme, va aussi de pair avec la sainteté. Il n’y a pratiquement rien qui perturbe autant notre relation avec Dieu et avec les gens que le mécontentement. Il ouvre la voie à tous les maux. Il contribue grandement à des révolutions et autres perturbations sociales. De manière plus locale déjà, il déséquilibre des familles entières et l’attitude intérieure de l’individu – comme quasiment rien d’autre ne peut le faire. Non sans raison l’Esprit Saint qualifie les hommes par les termes juxtaposés : "ingrats" et "sans piété" (2 Tim. 3 : 2). On constate aussi que l’ingratitude peut conduire à l’idolâtrie : non seulement les païens ont renié la gloire de Dieu, mais étant ingrats ils sont tombés dans toutes sortes d’immoralités.

Une chose des plus importantes est d’entretenir une véritable gratitude de cœur et de sanctifer le Seigneur dans nos cœurs (1 Pi. 3 : 15), en ayant confance en sa bonté, réalisant qu’il a donné à chacun exactement ce qu’il y a de mieux. Mais la seule façon d’être content en toutes circonstances est de regarder à Dieu tel qu’il a agi envers nous en Christ – pour l’éternité." (William Kelly: An Exposition of the Gospel of Luke, page 53. Believers Bookshelf, 2007).

Un cœur brûlant rend reconnaissant

Après ces réflexions en guise d’introduction, passons aux cinq passages de l’épître aux Colossiens qui appellent à la gratitude (reconnaissance, actions de grâces). Comme on peut le voir dans la lettre, ses destinataires risquaient d’être détournés comme des proies par certains "éléments du monde". À l’époque, c’étaient la philosophie, les traditions juives et la superstition. Aujourd’hui, ce sont peut-être d’autres "éléments" qui constituent un danger spirituel pour nous. S’ils ne sont pas "selon Christ" (2 : 8), c’est-à-dire s’ils nous éloignent de lui, notre cœur deviendra froid. Ne soyons donc pas surpris si nous devenons ingrats. Il en était ainsi pour les croyants de Colosses: ils étaient soumis à des influences néfastes et commençaient à manquer de confiance dans leur vie de foi. C’est pourquoi, Paul s’efforce de les ramener sur un fondement solide, où la vérité révélée au sujet de Jésus-Christ tient la première place. Cela confirme que notre gratitude en tant que chrétiens a toujours son origine en dehors de nous : en Dieu lui-même et dans ce qu’il a déjà fait et fait encore pour nous. L’égoïsme est d’ailleurs l’un des plus grands ennemis de la gratitude!

1] Remercier pour de merveilleuses bénédictions

Le premier appel (indirect) à la reconnaissance se trouve au chapitre 1 :

"...rendant grâces au Père qui nous a rendus capables de participer au lot des saints dans la lumière ; qui nous a délivrés du pouvoir des ténèbres, et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour" (v.12 et 13).

Ce n’est pas principalement Paul qui rend grâces ici, mais il le souhaite à ses destinataires. Paul a prié pour un changement digne de ce nom qui produirait des résultats "fructueux" et "croissants" mais aussi pour une disposition à "remercier". (Les termes grecs traduits par "portant du fruit", "croissant", "étant fortifiés" et "rendant grâces" ont la même forme verbale en grec).

Et pour quelles raisons les destinataires de la lettre devaient-ils remercier? De ce que le Père leur a donné une vie nouvelle, divine et les a ainsi rendus capables (dignes) d’être en sa présence, en dehors de la création, pour saisir et jouir des choses éternelles qui sont dans les cieux. Cet héritage ou lot ne doit pas être confondu avec l’héritage que nous posséderons avec le Christ dans le millénium (Rom. 8 : 17, Eph. 1 : 14, 18, Col. 3 : 24, 1 Pi. 1 : 4). L’héritage dont Paul parle en Colossiens 1 n’est pas le Royaume, mais la part éternelle de tous les fidèles du temps de la grâce dans la présence immédiate de Dieu. Cela est particulièrement clair par la référence aux "saints dans la lumière" (Act. 26 : 18).

Paul décrit ensuite un changement énorme.Auparavant, les Colossiens appartenaient à une sphère d’autorité marquée par les ténèbres où le péché et le diable régnaient. Mais maintenant, eux et nous, les chrétiens, sommes sous une autorité complètement différente. Nous sommes dans le "royaume du Fils de son amour". Ici où notre Seigneur est l’incarnation de l’amour du Père, nous servons le Fils. Ici, l’amour règne et domine tout. L’amour qui a existé éternellement entre le Père et le Fils s’est maintenant tourné aussi vers nous. N’avons-nous pas bien des raisons de remercier Dieu, notre Père, chaque jour ?

2] Abonder dans la foi avec reconnaissance

Le deuxième appel (indirect) à la reconnaissance se trouve au chapitre 2 :

"...enracinés et édifiés en lui, et affermis dans la foi, selon que vous avez été enseignés, abondant en elle avec des actions de grâces" (v. 7).

Les croyants à Colosses avaient cru en Christ. Mais certaines personnes essayaient à tort de leur faire croire que la vie de foi devait être approfondie par d’autres éléments. Malgré cela, ils devaient maintenant continuer, de la même manière qu’ils avaient accepté le Seigneur Jésus et avaient été enseignés, à marcher en lui en se laissant enraciner et édifier en lui (v. 6). C’est également important de se fortifier dans les vérités qui concernent la foi. Nous avons à les connaître à les l’apprécier, à "y abonder". Ce faisant, n’oublions pas que la révélation de la vérité de la foi est un grand don pour lequel nous sommes sincèrement reconnaissants envers Dieu. Cela devrait alors nous pousser à exprimer des actions de grâces. Plus nous rendons grâces pour les bénédictions spirituelles reçues, mieux nous apprécierons et posséderons effectivement ces dons et moins les attaques du monde n’auront d’effet pour nous conquérir.

3] La reconnaissance affermit les relations fraternelles

Nous en arrivons maintenant à la partie pratique de la lettre où nous trouvons un appel concret à être reconnaissant :

"Et que la paix du Christ, à laquelle aussi vous avez été appelés en un seul corps, préside dans vos cœurs ; et soyez reconnaissants" (3 : 15).

Le contexte de ces versets montre clairement que l’accent est mis sur la communion entre les fidèles ("vous supportant l’un l’autre" et "vous exhortant l’un l’autre" aux versets 13 et 16). Comme de nombreux conflits peuvent précisément surgir dans la sphère interpersonnelle, des qualités telles que l’humilité, la douceur et la longanimité sont d’une grande importance (v. 12). Au verset 14 il est également mentionné l’amour "qui est le lien de la perfection". Enfin, Paul parle de la paix du Christ, qui avant tout devrait nous marquer chacun personnellement. La paix en toutes circonstances, c’est ce qui a caractérisé Christ. Cette paix devrait être, dans chaque situation de la vie, la base pour toute décision.

D’ailleurs, nous avons même été appelés à cette paix "en un seul corps". On peut bien l’imaginer: les membres et les organes du corps humain ne travaillent jamais les uns contre les autres, mais toujours ensemble. Tout est parfaitement harmonieux, sauf si le corps est malade. En partant de la tête (le Christ), nous recevons beaucoup de bénédictions les uns des autres en tant que membres d’un seul corps. En sommes-nous reconnaissants? Rendons-nous grâces pour les frères et sœurs dans la foi que le Seigneur a placés à nos côtés? Certes, il y a beaucoup de choses à critiquer à juste titre dans le peuple de Dieu! Mais si je veux contribuer positivement, alors la gratitude personnelle doit me caractériser. Car une prédisposition négative ne ferait que nuire voire détruire la communion des croyants et ne la guérirait jamais. Combien importante est alors l’invitation: "Soyez reconnaissants!"

4] Remercier : une prédisposition

Peu après l’exhortation concrète "soyez reconnaissants", l’apôtre mentionne à nouveau l’action de grâces comme un mode de vie :

"Et quelque chose que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, rendant grâces par lui à Dieu le Père" (3 : 17).

C’est un verset concret et utile pour la vie de tous les jours, mais il incite également à la réflexion : tout ce que nous disons et faisons ne doit pas seulement être en accord avec le Seigneur (ce qui est parfois difficile), mais doit être fait, pour ainsi dire, en son nom. Nous parlons alors et agissons en tant que ses représentants. Quelle grande responsabilité et en même temps quel grand privilège ! Et qui d’autre serait en mesure de le faire si ce n’est ceux qui sont équipés pour cela : les élus, les saints et les bien-aimés (v. 12). Et plus nous réfléchirons à la grâce que Dieu nous a donnée en Christ, plus nous rendrons grâces à notre Père. Le faisons-nous?

5] Lorsque tu pries, n’oublie pas de remercier

Le dernier appel à la gratitude ou aux actions de grâces est lié à notre vie de prière :

"Persévérez dans la prière, veillant en elle avec des actions de grâces" (4 : 2).

C’est frappant de voir que le Nouveau Testament nous invite souvent à la prière. C’est nécessaire car nous sommes toujours enclins à prendre les choses en main au lieu de nous laisser diriger par Dieu, acceptant ce qu’il nous donne. Celui qui prie cherche la communion avec Dieu et exprime ainsi qu’il est dépendant de Dieu et de son aide, même si, bien sûr, il ne doit pas s’agir que de nous et de nos besoins. Le verset qui suit montre déjà combien la prière est nécessaire aussi pour les autres: pour les serviteurs dans l’œuvre du Seigneur (v. 3). En outre, il y a de nombreux sujets de prières et cela également "pour tous les hommes" (1 Tim. 2 : 1).

La prière est en fait assez simple et devrait être une évidence pour tout croyant. Le défi cependant, est de persévérer dans la prière, c’est-à-dire de faire preuve de constance. De plus, il s’agit d’être vigilant. Cela peut signifier de ne pas user de "vaines redites" (Matth. 6: 7) ou alors de basculer dans des "exposés de doctrine", mais de prier consciemment et concrètement. Sans oublier les "actions de grâces". Ces dernières ne s’appliquant pas seulement aux prières auxquelles Dieu a déjà répondues, bien que nous devions aussi le remercier pour de tels exhaussements. Mais lors de chaque demande que nous exprimons, souvenons-nous de tout ce qui nous a été donné sans que nous ayons prié spécifiquement pour cela.

Il y a de nombreuses raisons de rendre grâces : depuis le salut, en passant par les bénédictions célestes, et jusqu’à la famille, la santé et le travail. Même lorsque nous attendons encore une réponse à notre prière, nous pouvons remercier Dieu de ce qu’il est toujours bienveillant envers nous et qu’il nous aime infiniment.



Auteur: Hartmut Mohncke - traduit de l'allemand